Le remplacement progressif de la copie 35 mm par la copie numérique doit s’accompagner à terme d’une transformation profonde de l’industrie du cinéma.
Le cinéma numérique : quels avantages pour les spectateurs ?
Pour le public, le cinéma numérique peut apparaître comme un changement moins spectaculaire que le passage du muet au parlant. Le gain qualitatif est pourtant essentiel. L’image sur support numérique présente notamment l’avantage de ne pas s’altérer (pas de risque de copies rayées), avec une meilleure répartition de la lumière.
Mais le gain d’usage le plus nouveau pour les spectateurs se trouve dans la diversification de la programmation que permet le numérique : élargissement de l’offre cinéma (accès à un plus grand nombre de films, à des versions sous-titrées, y compris pour les sourds et les malentendants…), diffusion de contenus alternatifs (événements sportifs, concerts, œuvres audiovisuelles…), diffusion de films en 3D…
Les enjeux du numérique pour les salles indépendantes
Sur le plan culturel, la dématérialisation permet de diminuer les frais de distribution et donc d’accroître la circulation des films à faible diffusion, notamment les films européens et art & essai, qui supportent actuellement des coûts de reproduction de copies 35 mm proportionnellement plus élevés que les autres, faute de pouvoir bénéficier d’économies d’échelle. Le CNC souligne par ailleurs que la numérisation du cinéma permettra de diversifier la programmation des écrans situés dans les petites communes, pour lesquelles le placement physique d’une copie représente aujourd’hui un risque financier réel pour le distributeur.
On comprend donc que le passage à la projection numérique constitue un enjeu essentiel pour l’Aquitaine, 3e région française pour le nombre de salles art & essai, qui se distingue tant par la qualité de la programmation que du maillage territorial de l’exploitation indépendante. Ce changement technologique est potentiellement lourd de conséquences au plan économique, mais aussi culturel et social. En effet, à la différence des grands circuits qui ont trouvé leur modèle économique via le système des frais de copies virtuelles (virtual print fees), les salles plus modestes - hors circuits et hors multiplexes - n’ont pas les ressources suffisantes pour financer ce changement.
Si elle ne parvenait pas à s’équiper, la petite et moyenne exploitation ne pourrait plus accéder à tous les films, offrir une programmation variée et serait par conséquent vouée à disparaître.
La Région Aquitaine qui mène depuis plusieurs années une politique de soutien aux salles de cinéma indépendantes et de proximité en Aquitaine s’est saisie de cette question. Une expérimentation pour le passage au numérique des cinémas indépendants pilotée par l’agence culturelle régionale Ecla (écrit, cinéma, livre, audiovisuel) a tout d’abord été engagée en 2009, à partir d’un panel de 6 salles-test, en association avec les professionnels du secteur (plus particulièrement l’association des cinémas de proximité en Aquitaine - ACPA).
Voir dans ce site l’article consacré à l’expérimentation pour le passage au numérique des cinémas indépendants
Une nouvelle aide régionale pour le passage au numérique des cinémas indépendants aquitains
Dans la continuité de l’expérimentation, la Région a adopté le 28 juin 2010 un nouveau règlement d’intervention qui lui permettra d’apporter son concours aux projets de numérisation portés par les salles indépendantes et de proximité classées art & essai en Aquitaine. Les cinémas pourront solliciter une aide à l’investissement qui pourra concerner jusqu’à 3 écrans, à concurrence de :
- 30% pour les 1er et 2è écrans (respectivement 27 000 € et 21 000 €) ;
- 20% (14 000 €) pour le 3è écran.
L’Aquitaine est aujourd’hui la première et la seule Région à avoir lancé un dispositif en la matière.





