Dossier documentaire : le télétravail

Dernière mise à jour : octobre 2011

Le Télétravail

Quelques repères

Evoquée dès 1950 par le mathématicien américain Norbert Wiener, dans son ouvrage intitulé « Cybernétique et société », la notion de télétravail est véritablement née au milieu des années 1970, après le choc pétrolier, avec comme objectif la réalisation d’une économie d’énergie en limitant les déplacements des travailleurs vers leur lieu de travail. Il a été alors envisagé de déplacer le travail plutôt que les salariés.

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CC Wiseacre

Malgré des études très favorables à ce nouveau concept et qui en prévoyaient un développement rapide, son démarrage a été très lent, jusqu’à la fin des années 1990. Mais grâce à l’évolution fulgurante des TIC et la diminution rapide de leur coût le boom de l’internet permet au télétravail de devenir une réalité pour beaucoup d’entreprises américaines et européennes.

En France, la notion n’a pu être définie valablement qu’en 1994 par Thierry Breton, spécialiste des nouvelles technologies, dans son rapport sur le télétravail.

Parallèlement, de 1990 à 1993 la Datar (Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’action Régionale - aujourd’hui la DIACT (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires) - lance trois appels à projets successifs sur le télétravail. Son but est de délocaliser des tâches à l’échelle du territoire de la France, d’une grande ville vers une autre, d’une grande ville vers sa banlieue, d’une zone urbaine vers son arrière-pays rural.

Un accord-cadre européen sur le télétravail, du 16 juillet 2002 signé par les partenaires sociaux européens adopte la définition suivante du télétravail :
"Le télétravail est « une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information, dans le cadre d’un contrat de travail ou d’une relation d’emploi, dans laquelle un travail qui aurait pu être réalisé dans les locaux de l’employeur est effectué hors de ces locaux de façon régulière".

Quant à la notion de "télétravailleur", elle est définie de manière précise par l’accord interprofessionnel français du 19 juillet 2005, étendu par arrêté ministériel du 30 mai 2006. Ainsi, au sens de cet accord, on entend par télétravailleur "toute personne physique de l’entreprise qui effectue, soit dès l’embauche, soit ultérieurement, du télétravail tel que défini (par l’accord) ou dans des conditions adaptées par un accord de branche ou d’entreprise en fonction de la réalité de leur champ et précisant les catégories de salariés concernés".

Le Forum des droits sur l’internet (fermé depuis la fin 2010) (FDI) publiait en décembre 2004 sa recommandation "Le télétravail en France". Le Forum s’est attaché dans ce texte à considérer le télétravail dans toutes ses dimensions : impact du télétravail, mesure de la charge et du temps de travail, équipement informatique, santé et sécurité, lien avec les institutions représentatives du personnel, adaptation au droit du travail, etc…

Dans son rapport intitulé "Du télétravail au travail mobile : un enjeu de modernisation de l’économie française" (novembre 2006), Pierre Morel A l’Huissier démontre que le télétravail est un moyen indispensable pour renforcer la compétitivité de l’économie française et un levier d’action fructueux pour accélérer la réforme de l’Etat.

S’appuyant sur les conclusions du rapport du FDI de 2004, le député Pierre Morel-A-L’huissier présente le 29 janvier 2008 devant l’Assemblée nationale une proposition de loi sur le télétravail.

En octobre 2008, Eric Besson, chargé du Développement de l’économie numérique, présente son plan France numérique 2012. Ce plan a notamment pour objectifs l’accélération de la couverture numérique des territoires, la promotion de nouveaux modes de diffusion numérique et le développement de nouvelles applications des technologies numériques dans le domaine du télétravail.

Le 15 octobre de la même année, des députés présentent une proposition de loi visant à promouvoir le télétravail en France. Le texte en précise clairement la nature et définit les mentions à intégrer au contrat de travail pour encadrer le télétravail, dont notamment les conditions d’utilisation de l’équipement fourni par l’employeur ou encore les modalités de retour du salarié dans l’entreprise et d’exécution des tâches.

Le rapport « TIC et développement durable » (décembre 2008), réalisé par le Conseil général des technologies de l’information (CGTI) et le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), considère que les TIC ont un apport positif pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en permettant d’économiser 1 à 4 fois leurs propres émissions sur le reste de l’économie. Le télétravail y est fortement encouragé.

Lors de la discussion, en mai 2009, de la proposition de loi de M. Jean-Frédéric Poisson pour faciliter le maintien et la création d’emplois, le député des Hauts-de-Seine Frédéric Lefebvre propose un amendement afin de permettre aux salariés de travailler à domicile lorsqu’ils sont en arrêt maladie, en congé maternité ou en congé parental. Mais l’amendement provoque un débat houleux et est retiré à la demande du Gouvernement.

Le 9 juin 2009, cette proposition de loi pour faciliter le maintien et la création d’emplois est adoptée à l’Assemblée nationale. En ce qui concerne le télétravail, le texte prévoit :
- la modification du Code du Travail : celui-ci sera complété par les articles L.1222-9 et 10.
- la définition du télétravail : "le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail, qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur, est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci"
- la prise en charge des coûts par l’employeur : tous les coûts des outils, matériels, logiciels, abonnements, communications sont à la charge de l’employeur. Lequel doit informer clairement le salarié d’une restriction éventuelle de ce matériel et des sanctions en cas de non-respect de ces limites.
- les modalités du contrat : le contrat de travail du télétravailleur (ou son avenant) devront préciser les conditions de son passage en télétravail (et les conditions de retour possibles), ainsi que les modalités de contrôle de son temps de travail. Il devra fixer les plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le salarié.
- un principe de précaution : les députés ont anticipé des "circonstances exceptionnelles" en cas de menace d’épidémie (article 9 bis). Le télétravail sera alors « un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ».

Les risques de pandémie grippale (H1N1) font réagir le gouvernement qui, en août et septembre 2009, multiplie les consignes pour tenter de limiter les risques de paralysie économique, notamment par le biais du télétravail (voir plus bas le chapitre "Assurer la continuité de l’activité économique".

Pour donner une réelle impulsion au télétravail, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à la Prospective et au Développement de l’Économie numérique, confie au Centre d’analyse stratégique (CAS) la mission d’étudier la situation du télétravail en France et dans les pays de l’OCDE. Remis le 25 novembre 2009, le rapport "Le développement du télétravail dans la société numérique de demain", établit une vue d’ensemble du télétravail, de ses avantages comme de ses inconvénients et estime que cette forme de travail pourrait concerner jusqu’à 40 % à 50 % des emplois à l’horizon de dix ans.

- Selon le CAS, la France est en retard sur les principaux pays de l’OCDE. Pour pallier ce retard il faut une évolution de la culture managériale, une meilleure connaissance des gains envisageables, la mise à disposition d’infrastructures numériques de qualité à l’échelle de l’ensemble du territoire, mixant haut débit, 3G et télécentres et la diffusion d’outils techniques performants.
Tout en offrant une plus grande flexibilité du travail au salarié, le télétravail doit reposer sur la règle actuelle du «  double volontariat » et sur la confiance naturelle entre l’employeur et le salarié. Le CAS estime que la proposition de loi actuelle constitue un socle propice pour le développement du télétravail mais qu’il faut développer les instances de contrôle et la formation des acteurs au cadre juridique.
Si, selon le CAS, le télétravail peut être un progrès social avant ou après le congé maternité, il doit être encadré dans le cas d’un congé maladie. Très peu d’abus ont d’ailleurs été constatés à l’étranger. Concernant les seniors, le télétravail est peu adapté car cette population préfère en général conserver un contact avec le collectif de travail.

Alors que le 19 juillet 2011, Éric Besson annonce le lancement d’une étude sur le télétravail dans les grandes entreprises françaises, le 28 juillet 2011, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) remet à François Sauvadet, ministre de la Fonction publique, un rapport intitulé « Perspectives de développement du télétravail dans la fonction publique ». A cette occasion, François Sauvadet déclare son intention de développer le télétravail dans la fonction publique et confie au CGIET le soin de présenter le rapport aux organisations syndicales afin d’entamer les concertations.

Un amendement, signé du député Philippe Gosselin, a été adopté fin septembre 2011 par la commission des Lois de l’Assemblée dans le cadre de la proposition de loi de simplification du droit de Jean-Luc Warsmann. (Lire sur CyberWorkers 13/10/2011)

Quelques dates clés

Un historique sur le site Télétravail de l’ORT de Toulouse.

Les différentes formes de télétravail

Désormais, on distingue quatre grandes formes de télétravail :

1. Le télétravail en réseau au sein de l’entreprise dans des locaux distincts : le salarié est localisé dans un site géographique mais il relève d’un manager localisé dans un autre site.

2. Le télétravail dans des locaux partagés par plusieurs entreprises : le salarié travaille à distance de son équipe dans des télécentres où sont présents des salariés d’autres entreprises. Ces locaux peuvent également concerner des télétravailleurs indépendants et des agents de collectivités.

3. Le télétravail nomade : tout en conservant un poste de travail au sein de l’entreprise, le salarié utilise les technologies de l’information et les outils de travail mobiles pour travailler depuis n’importe quel lieu.

4. Le télétravail à domicile, soit à temps complet, soit en alternance domicile/bureau.

- Les avantages du télétravail (Travailleur.be)

- 8 avantages du télétravail (Esprit Riche 18 décembre 2008)
- 7 inconvénients du télétravail (Esprit Riche 19 décembre 2008) - 6 inconvénients selon TélétravailOnLine (12/2009)

Télétravail et développement socio-économique

Le télétravail, synonyme de productivité et compétitivité

Le député Pierre Morel A l’Huissier démontre dans son rapport de 2006 "Du télétravail au travail mobile : un enjeu de modernisation de l’économie française", que le télétravail est un moyen indispensable pour renforcer la compétitivité de l’économie française.

Le rapport préconise notamment pour le secteur public de "faire sortir le télétravail de la clandestinité, de l’intégrer dans le champ de la négociation collective, d’organiser l’échange d’expériences entre administrations et fonctionnaires et de développer des modules de formation adaptés".

Selon ce rapport, le développement du télétravail, et/ou du travail mobile, est une opportunité unique d’améliorer la productivité globale de la France, tout en répondant aux aspirations profondes des salariés de maîtriser leur temps et leur liberté d’implantation. Cette évolution incontournable, appelle à de nouvelles formes de management et de gouvernance dans les entreprises et dans l’administration. Il s’agit d’une démarche gagnant-gagnant entre les
employeurs et les salariés ou les fonctionnaires pour contribuer à construire une économie plus productive et plus humaine.

Et d’après l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), la productivité augmenterait d’environ 20 % grâce à ce nouveau mode de travail. (Ecrans, 17 juin 2008).

Cette vision est reprise dans une étude de Microsoft (mars 2009) qui considère qu’un consensus s’est créé autour du travail à distance : les employés y sont favorables et les entreprises estiment que ce mode de travail est économique et écologique. Le télétravail pourrait même devenir un modèle envié. Il élargirait l’éventail de personnes qualifiées qui peuvent être embauchées, et apporterait des gains de productivité.

L’Etat a pris conscience de l’importance du développement des territoires par l’économie numérique. Ainsi, Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique, présente le 9 avril 2008 en Conseil des ministres 27 pistes de travail ouvertes à la concertation pour
préparer le plan de développement de l’économie numérique
. Outre l’accès à internet haut débit fixe et mobile pour tous, le télétravail fait partie des priorités affichées par le secrétaire d’Etat.

Mais le télétravail doit encore s’imposer en France, car seulement 7 % de la population active a franchi le pas, contre 13 % en moyenne en Europe et 25 % aux Etats-Unis (source : rapport Besson aux Assises du numérique).

Cependant, une étude de l’Insee de mars 2009 considère que le télétravail se développe dans les entreprises : il est présent dans 22 % d’entre elles. C’est dans le secteur tertiaire et dans les grandes entreprises que le télétravail est le plus développé : dans les services liés aux TIC, 55 % des entreprises le pratiquent, et 49 % dans les services financiers. (Cyberworkers 19/03/2009).

Le télétravail permet d’équilibrer l’emploi au plan territorial par un développement de parcs d’activités dans les zones rurales et la revitalisation des zones périurbaines. En cas de fusion-acquisition, il représente pour l’entreprise la solution la plus à même d’éviter le chômage technique et la baisse de productivité en anticipant les mutations socio-économiques.

A l’été 2009, les menaces liées à la grippe H1N1 et les risques de paralysie économique impulsent les acteurs privés et publics à prendre des mesures de prévention (voir plus bas le chapitre "Assurer la continuité de l’activité économique"..

Selon une étude de Workshifting Benefits publiée en mai 2010 The Bottom Line, les bénéfices qui seraient engendrés aux Etats-Unis par un passage en télétravail à 50 % du temps offriraient 27 % d’augmentation de productivité pour les salariés, une réduction de l’absentéisme de 3,7 jours/an, économie de 362 $ par an et par télétravailleur sur le carburant, une réduction de 1962 à 6808 $ par an et par télétravailleur de dépenses liées au travail (vêtements, véhicule, repas, parking, etc.), une réduction de 17 % des émissions de CO2 par rapport aux émissions de 2005, une réduction de 23 milliards $ par an des dépenses d’importation de pétrole et 95.000 blessés et morts évités dans des accidents de la circulation…

Dans une enquête conduite en avril 2011, Damovo Ireland évalue à € 472M le montant des pertes pour l’économie irlandaise en raison de l’incapacité du pays à développer le travail à domicile. Damovo a en effet calculé que les intempéries (neige et glace), ont entraîné la perte de près de 2 millions de jours travaillés.

Un nouveau mode d’organisation sociale
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Janet 59

Philippe Planterose, président de l’AFTT (Association Française du Télétravail et des Téléactivités) estime que " le télétravail améliore la productivité individuelle et collective des entreprises" mais pas seulement il" est facteur d’un nouveau mode d’organisation ".

Ainsi, le télétravail est appréhendé, au-delà d’une nouvelle forme d’organisation du travail en émergence, comme l’une des formes d’organisation sociale conséquente de la modernité.

La forme de télétravail partiel - on parle également de télétravail pendulaire (un ou deux jours par semaine) - semble notamment correspondre à des évolutions de la société actuelle, en termes d’organisation des entreprises, de choix personnels de vie professionnelle, d’aspirations collectives sociales et environnementales.

Encore marginal en Europe, le télétravail commence à s’imposer en Amérique du Nord où 59 % des actifs au Canada travaillent au moins une fois par semaine depuis leur domicile. Selon une étude Regus de mars 2011, ce sont plus de 80% de sociétés américaines qui offrent désormais la possibilité à leurs salariés de travailler de manière plus flexible. D’après une infographie sur le télétravail aux Etats-Unis réalisée en septembre 2011 par Mashable, 26 millions d’Américains effectuaient du télétravail en 2010. Il s’agit majoritairement d’hommes et l’âge moyen est 40 ans.
Cette tendance est d’autant plus marquée que le président Obama a promulgué en décembre 2010 le Telework Enhancement Act de 2010 qui "exige que les agences fédérales établissent des politiques permettant à certains employés de travailler à distance."

Dans le secteur tertiaire, qui peut s’appuyer sur les nouvelles technologies, les populations travaillent 90 % de leur temps derrière un écran : il est fondamental de dynamiser l’usage du télétravail. Mais il doit être considéré par le groupe non comme une charge mais bien comme un outil de management collaboratif efficace et durable. Dans une enquête CSP Formation d’août 2011, 72% des managers interrogés estiment que le télétravail oblige à encadrer différemment ses équipes. L’occasion de proposer quelques clés pour bien gérer ses équipes à distance (La Tribune 26/08/2011).

Un frein managérial très marqué

Si le télétravail comporte de nombreux avantages, il implique un changement culturel et managérial important. Or, on observe un frein managérial très marqué en France (blog Tecoman, octobre 2008) : les managers perçoivent la distance comme une perte de contrôle.

Le cabinet de conseil Greenworking, qui se voit confier le 19 juillet 2011 le pilotage d’une étude sur le télétravail en entreprises par le ministre de l’Industrie, Eric Besson, estime que le manager intermédiaire est le premier frein au télétravail. "Un frein lié à une peur de l’abus, du litige et de ne plus pouvoir contrôler ses troupes. Le modèle managérial français est encore essentiellement basé sur le temps de travail et non sur le résultat, tandis que les anglo-saxons sont passés à un management par objectifs" (Usine nouvelle 19/07/2011).

"Le problème est avant tout culturel" renchérit-on lors du colloque organisé le 17 juin 2008 au Conseil régional d’Alsace par la Mission Ecoter. "En France, on ne réfléchit pas assez sur le travail lui-même. Dans le monde universitaire, par exemple, ce n’est pas un sujet de recherche très développé". Sur le terrain, bon nombre de managers ne sont pas prêts à accepter que certains de leurs collaborateurs pratiquent le télétravail, par peur de perdre le contrôle - cependant, toutes les études le prouvent, les télétravailleurs sont plus productifs que les autres 01Net,18 juin 2008.

La mise en place du télétravail doit donc être réfléchie et bien préparée, avec une remise en cause des modes de management, une relation plus formelle avec des objectifs et des délais précis, une réflexion collective à laquelle les partenaires sociaux doivent être associés. Cela implique une nouvelle approche socio-économique et un changement d’attitude, tant du côté des responsables d’entreprises ou des administrations que des employés. Avant de se lancer dans cette forme de travail, il faut connaître certains aspects juridiques (Juritravail 16/09/2011)

Des accords avec les partenaires sociaux

La question de la régulation collective du télétravail se pose aux différents niveaux de la concertation sociale. Au niveau local, quelques entreprises pionnières se sont engagées dans la voie d’un encadrement concerté du télétravail, notamment avec les syndicats.

Ainsi, selon des données de 2008, une douzaine de grandes entreprises françaises ont signé l’accord interprofessionnel du 19 juillet 2005. Parmi les précurseurs dans l’utilisation du télétravail, on peut citer en 2007 Renault (Ergostressie 04/2010).
De son côté, la direction d’Alcatel-Lucent France et l’ensemble des organisations syndicales représentatives signent le 18 janvier 2008 un accord d’entreprise relatif au télétravail à domicile. 25% des salariés travaillent dès lors partiellement à distance. Le groupe Thales expérimente lui aussi le télétravail au sein de son établissement de Toulouse, tout comme Microsoft France à l’occasion de son déménagement du siège à Issy-les-Moulineaux au début 2009. Le 12 mai 2009, le groupe Michelin signe un accord sur le télétravail se basant sur une période de 2 ans renouvelable (Miroir Social 28/05/2009).

Les accords avec les représentants des salariés se multiplient. A titre d’exemple, on peut citer l’accord sur le télétravail du 22 juin 2009 de France Télécom, le projet d’accord d’entreprise du 23 novembre 2009 d’Oracle France sur le télétravail à domicile, celui d’Atos-Origin d’avril 2010 (CFDT Atos 28/04/2010). Ces accords stipulent notamment les conditions de passage au statut de "télétravailleur". les conditions d’eligibilité, la période d’adaptation, la réversibilité, la fin de contrat, l’équipement, etc.

Suivent en janvier 2010 Oracle et en juillet de la même année Hewlett Packard (Texte de l’accord - CFTC 2010). Distance Expert a recensé en août 2010 les accords sur le télétravail signés en France dans le cadre de l’accord interprofessionnel du 19 juillet 2005.

Mais les organisations syndicales ne portent toutes le même regard sur le télétravail. Ainsi, le rapport "Travailler mieux dans nos Collectivités Territoriales pour vivre mieux dans nos vies familiales", réalisé par les Territoriaux CGC en avril 2011, estime que le télétravail ouvre la voie d’un vrai projet de civilisation alors qu’une enquête réalisée en juin 2011 par l’Obergo avec l’appui de la CFDT Cadres et de l’Observatoire des Cadres alerte sur le « Télétravail rêvé, rejeté, réel ? Halte aux illusions dangereuses ».

Le télétravail facteur de bien-être social

Selon une étude réalisée en 2007 par deux chercheurs en management de la Penn State University, le télétravail est bon pour l’employé comme pour l’employeur. Les chercheurs ont accompli une méta-étude sur 20 ans de recherches sur ce secteur, compulsant les données de plus de 46 études impliquant plus de 12.000 employés au total pour en conclure que le télétravail augmentait le moral et la satisfaction des employés et diminuait le stress et le turn over. En outre, l’un des facteurs le plus important pour la satisfaction des employés est l’autonomie que le télétravail apporte à un niveau individuel. (Internet Actu 11/2007)

Dans une interview menée par L’Atelier, (mars 2008), Claude Riveline, Professeur de Gestion à l’école des Mines de Paris, affirme en revanche que "Le télétravail n’est pas l’avenir de l’entreprise". Selon lui, "avec le télétravail, on n’a plus de visage, l’individu est réduit à son seul résultat", et il est également inquiet face aux perspectives de carrière. Un avis que ne partagent pas Nicole Turbé Suetens de Cyberworkers et Philippe Planterose, président de l’AFTT (Association Française du Télétravail et des Téléactivités) pour qui "L’avenir de l’entreprise passe par le télétravail"….

Le télétravail peut contribuer à une qualité de vie meilleure, en minimisant les soucis quotidiens dont l’accumulation a des conséquences négatives sur la santé ainsi qu’en termes d’absentéisme et de productivité professionnelle.

Certains l’englobent dans un débat de société : un reportage sur le télétravail pour l’émission C dans l’air (janvier 2008) au sujet de la politique de civilisation d’Edgar Morin, a amené Xavier de Mazenod à réfléchir à la philosophie du télétravail. Selon lui, « Télétravail » est un mauvais mot car il met l’accent sur la technologie sans mettre en évidence la part de rêve : liberté dans le choix de vie et le lieu d’habitation, qualité, temps personnel retrouvé, amélioration de la productivité, baisse de la pollution.

D’après l’Anact, l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail qui assure depuis plusieurs années un travail de veille et de soutien des initiatives des partenaires sociaux en faveur du télétravail, 46 % des salariés rêvent de travailler chez eux, sans stress, sans collègues caractériels, sans réunion …

Dans une enquête de décembre 2010 de TNS Sofres / Foncière des Régions, réalisée auprès de 600 salariés, sur "Les Français et leurs bureaux, le télétravail est jugé comme un mode de travail attractif mais limité à certaines fonctions. Il constitue pour 80% des répondants un mode de travail d’avenir.

La compétitivité passe par l’insertion

L’expansion du télétravail offre aujourd’hui aux personnes handicapées la possibilité de s’intégrer à la vie professionnelle ou d’exercer leur activité différemment. Il convient particulièrement aux salariés handicapés qui ont des difficultés à se déplacer ou besoin d’un environnement professionnel adapté.

Le télétravail peut ainsi, sous certaines conditions, être un moyen de remplir une partie des obligations des entreprises et collectivités en matière d’embauche de personnes handicapées (6 % de l’effectif pour les organismes de plus de 20 salariés).

Les seniors peuvent également être de plus en plus concernés par le télétravail : cette catégorie de travailleurs est amenée à rester plus longtemps dans la vie active. Grâce au télétravail, ils peuvent rester insérés dans l’entreprise à leur propre rythme, en subissant moins de stress et de fatigue quotidienne dus aux transports en commun et aux trajets automobiles. Cependant, dans son rapport de novembre 2009, "Le développement du télétravail dans la société numérique de demain", le Centre d’analyse stratégique considère que le télétravail est peu adapté car cette population préfère en général conserver un contact avec le collectif de travail.

Dans le cadre du Programme d’Initiative Communautaire (PIC) "Emploi et Développement des Ressources Humaines " de l’UE, le centre de formation ORT Toulouse a initié un projet "Télétravail " cofinancé par le Fonds Social Européen. Ce programme, dont l’objectif est de soutenir l’insertion et la formation des publics les plus éloignés de l’emploi, vise plus particulièrement dans son volet Emploi/Now à promouvoir l’égalité des chances en faveur des femmes sur le marché du travail. Le centre mène une étude-action sur la mise en place d’une stucture de pilotage de télétravailleuses en secrétariat-bureautique.
http://teletravail-ort-toulouse.org/

Assurer la continuité de l’activité économique

Au cours des années 2005-2006, les risques de pandémie d’une grippe aviaire ont alerté les populations. Le plan gouvernemental mis en oeuvre à cette époque prévoit d’aller jusqu’à la fermeture des transports publics pendant la pointe de la pandémie. Dans ses textes, il engage toutes les entreprises et les institutions à recourir au télétravail pour maintenir les services publics et les activités économiques en cas de pandémie. Dans ce cas, le télétravail est la seule solution.

Conscients de tels enjeux et face aux nouveaux dangers de la grippe A (H1N1), les députés adoptent le 9 juin 2009 une proposition de loi pour faciliter le maintien et la création d’emplois. L’article 9 bis prévoit des "circonstances exceptionnelles" en cas de menace d’épidémie. Le télétravail devient alors « un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ».

A l’automne 2009, les risques élevés de pandémie de grippe H1N1 forcent les acteurs publics à se mobiliser pour tenter de limiter les risques de paralysie économique, notamment par le biais du télétravail. D’abord recommandé par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique (vidéo Zevillage 25/08/2009), le télétravail est ensuite préconisé par le ministère du Travail qui incite fortement les entreprises à mettre en place des Plans de Continuité d’Activité (PCA).

Le télétravail est dès lors mentionné dans plusieurs textes :

- La circulaire DGT2009/16 du 3 juillet 2009 relative à la continuité de l’activité des entreprises et aux conditions de travail et d’emploi des salariés du secteur privé.

- La circulaire de la DGAFP du 26/08/2009 sur la gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Il est à préciser qu’une circulaire n’a pas force de loi.

- La fiche G1 "Recommandations pour les entreprises et les administrations"
- La fiche "Textes existants immédiatement utilisables par les collectivités locales"
- La fiche "Le cas du télétravail en pandémie grippale".

D’après les résultats d’une enquête Risc Group-Ifop (septembre 2009), plus des deux tiers des responsables de PME (70%) estiment pouvoir développer le télétravail pour faire face aux risques épidémiques. Cependant, seuls trois chefs d’entreprise sur dix (30%) pourraient faire passer en télétravail la totalité ou la plupart de leurs salariés, les autres – à savoir 40% de l’échantillon, essentiellement des petites entreprises – déclarent qu’ils ne pourraient en faire passer que quelques-uns.

Selon une enquête SVP (septembre 2009) sur les mesures prises en prévision de pandémie grippale, 28% des entreprises seulement ont adapté leurs systèmes d’information à une mise en place du télétravail.

Les entreprises françaises, encore trop réticentes à cette forme d’organisation, peinent à s’y préparer. Pourtant, elle peuvent être contraintes d’anticiper, d’imaginer des solutions alternatives, de construire des plans de continuité d’activité, de mettre en place des technologies et des outils logiciels pour répondre à un cas d’urgence majeur : leur survie économique....

Une évolution des offres et des outils

- > Des offres de connexion dédiées aux télétravailleurs

Les outils de base pour devenir télétravailleur sont un micro-ordinateur, un téléphone portable, une imprimante et une connexion internet haut débit. Cette dernière étant parfois insuffisante, certains opérateurs, à l’instar de Celeste ou de Géosignal proposent des solutions professionnelles destinées aux télétravailleurs-.

- > Des espaces de télétravail en ligne

Plusieurs solutions collaboratives gratuites ou payantes sont proposées aux cybertravailleurs tels que les bureaux virtuels. Ces logiciels centralisent sur un serveur des données d’organisation, de communication et de collaboration. L’utilisateur accède à ses données à partir de n’importe quel appareil (PC, PC portable, PDA, smartphone, etc.) équipé d’un navigateur Web et d’une connexion à internet. Le service propose un espace de travail personnalisé, le stockage de fichiers, la gestion de carnets d’adresses, de favoris, d’agendas, etc.). Citons par exemple le bureau virtuel de Cyberworker, celui de l’Entreprise , Teletravail.coop ou encore celui d’Officity qui se démarque de ses concurrents par son interface entièrement réalisée en Flash.

A l’instar de services américains comme Dropbox, eyeOS et autre G.ho.st, Wixi est une sorte de bureau virtuel, entièrement intégré au navigateur web, offrant un espace de stockage virtuel pour tous types de documents.

Plusieurs outils collaboratifs gratuits permettent un suivi efficace du travail des collaborateurs distants (Greenworking 03/2011). A lire également les conseils d’AgentSolo sur le sujet (17/06/2011) et la riche rubrique "Outils du télétravailleur" de Zevillage.

- > Les terminaux mobiles se transforment en assistants

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CC MillyNeT

L’avènement des mobiles propulse le télétravail vers un « opened work » en phase d’expansion qui révolutionne la politique managériale des entreprises, orientées de plus en plus vers des solutions mixtes pour leurs salariés en situation de mobilité, mêlant travail à domicile et espaces de bureaux partagés à temps partiel.

De plus en plus d’outils bon marché permettent aux entreprises de connaître, à tout moment et en temps réel, la position de leurs salariés nomades. Les solutions de géolocalisation sont nombreuses (GPS, GPRS, cartes SIM, etc.) et donnent un suivi précis des salariés à distance. Mais l’utilisation de ces outils est strictement encadrée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). qui diffuse un "Guide pour les employeurs et les salariés. Lire le dossier "Suivi des salariés à distance : la techno sans la parano" (L’Entreprise avril 2006)

Autre technologie, le téléphone-pointeuse : les entreprises peuvent suivre l’emploi du temps de leurs salariés même si ces derniers ne viennent pas pointer dans les locaux. La société TSheets a en effet lancé en 2008 un logiciel qui permet à tout terminal mobile de se transformer en pointeuse. Le télétravailleur peut ainsi "pointer" à partir de son téléphone portable, de son PDA ou de son ordinateur. Les informations sont affichées en temps réel sur le portail dédié à son entreprise.

Pour aider les entreprises à franchir le pas, la société Avaya a présenté en 2009 un simulateur pour mesurer les économies d’énergie potentielles liées au télétravail. Grâce à cet outil, les entreprises peuvent déterminer combien d’énergie elles pourraient éviter de dépenser en utilisant des méthodes de travail plus flexibles et par le biais du télétravail.

- > Des conseils pour les télétravailleurs

Xavier de Mazenod, animateur de la communauté de télétravail Zevillage, a réalisé pour le projet Soho-Solo de la CCI du Gers un Guide du télétravail, nouveau mode d’emploi à destination des entreprises, de leurs salariés et des indépendants. Au sommaire de ce guide, un point sur le télétravail (chiffres, réglementations, bénéfices et risques, métiers concernés…), sur l’organisation (comment s’y mettre, où télétravailler) et une 2e partie consacrée aux outils du travail collaboratif à distance et de développement de son activité (Zevillage 20/04/2011)

Le télétravail oblige à encadrer différemment ses équipes pour 72% des managers interrogés par CSP Formation, un organisme français, qui a rendu le 22 août 2011 les conclusions d’une étude sur ce sujet. L’occasion pour le Journal La Tribune de proposer quelques clés pour bien gérer ses équipes à distance.

Marie-France Medana, une psychologue du bien-être, a réalisé en avril 2011, en collaboration avec Steelcase et avec le soutien de Distance-Expert, un Petit manuel du bien-être afin d’aider le télétravailleur à bien choisir son équipement de travail, son siège, à adapter ses positions de travail pour éviter les troubles musculos-squelettiques et à apprendre à bien se détendre et à s’alimenter (Zevillage 28/04/2011).

Télétravail et développement durable

Alors que dans de nombreux pays du monde (USA, Canada, Japon, Pays Bas, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, etc…) les pouvoirs publics ont mis en avant le télétravail comme l’une des actions les plus significatives pour réduire les émissions de CO2, la France n’a pas abordé le thème du télétravail lors des débats du Grenelle de l’environnement. L’Association Française du Télétravail et des Téléactivités (AFTT) et les acteurs des Rencontres d’Autrans de janvier 2008 se sont mobilisés pour relancer le sujet.

Un impact direct sur l’environnement

Selon l’U.S. Energy Information Administration, les émissions de CO2 en rapport avec les déplacements correspondent en effet désormais à 391,8 millions de tonnes de gaz.

« Chaque kilomètre économisé en déplacements évite le dégagement d’environ 310 grammes de CO2 dans l’atmosphère. L’utilisation de nos logiciels unifiés de collaboration et de téléconférence, en lieu et place d’un déplacement réel pour se rendre à une conférence, réduit les coûts de transport et évite le dégagement dans l’atmosphère de 160 g de CO2 par km et par employé. » explique Don Smith, CEO de Mitel. (Neteco 22/10/07 - Le télétravail comme solution au réchauffement climatique ?)

Travailler à distance serait source d’économies d’énergie significatives, selon la Consumer Electronic Association (CEA) qui regroupe les principales entreprises de l’électronique américaines. Dans une étude publiée en octobre 2007, elle affirme que le travail à distance assisté par les nouvelles technologies permettrait d’économiser de 9 à 14 milliards de kilowatts-heure (kWh) d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation d’un million de foyers américains.
Et si 3,9 millions d’Américains télétravaillaient au moins un jour par semaine, cela ferait une économie de 3,2 milliards de litres d’essence par an. Cela correspond à 14 millions de tonnes de rejet de CO2 en moins dans notre atmosphère, soit l’impact de 2 millions de voitures.

D’ailleurs, le développement du télétravail s’est accéléré aux Etats-Unis après la hausse des prix des carburants survenue en 2005. Et, face à la nouvelle envolée des prix en 2008, les employeurs cherchent à réduire le temps de transport de leur personnel en réorganisant leur travail. Selon une étude Regus de mars 2011, plus de 80% des entreprises américaines offrent désormais la possibilité à leurs salariés de travailler de manière plus flexible (L’Atelier 15/03/2011). Cette tendance est renforcée par le Telework Enhancement Act promulgué en décembre 2010, qui "exige que les agences fédérales établissent des politiques permettant à certains employés de travailler à distance."

Selon Gartner, les administrations occidentales se dirigent peu à peu vers des pratiques plus vertes en matière de technologies de l’information (Bulletin e-veille->http://www.msg.gouv.qc.ca/gel/e-veille/2008/mars.asp] mars 2008). Elles peuvent réduire l’empreinte de leurs activités en achetant des technologies plus vertes, en diminuant la consommation d’énergie liée aux TI et en recyclant les différents appareils. Elles peuvent aussi contribuer à la protection de l’environnement en instaurant de nouveaux modes de travail, tels que le télétravail et l’utilisation de la visioconférence, et des services en ligne.

Ces avantages en matière d’économie d’énergie sont également démontrés dans une étude réalisée en mars 2007 par le canadien Mitel Networks. Selon lui, Le télétravail devrait se développer dans les cinq années à venir, et la proportion d’employés l’utilisant devrait presque doubler.

De son côté, la société Regus, spécialiste des solutions d’espaces de travail alternatives,a publié en juin 2008 son étude "Travaillons-nous de manière durable ?" qui démontre l’impact des trajets domicile-travail et le coût environnemental des bureaux. Selon l’étude, plus de 85% des travailleurs du secteur tertiaire effectuent un trajet domicile-travail au moins 4 jours par semaine, rejetant pour la seule Union Européenne 938 millions de tonnes de CO2 par an, soit 21% des émissions de carbone de toute l’UE. La mise en place du télétravail pendulaire (à temps partiel) permettrait de réduire de 4 à 37% les émissions de CO2 du collaborateur concerné. Optimiser les surfaces de bureaux existantes et favoriser les lieux de travail alternatifs par le télétravail permettrait à la France de réduire de 6,5 % supplémentaire son empreinte environnementale, dont plus de 1% pour le seul télétravail.

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CC FatMandy

Les effets positifs du télétravail sur les encombrements de la circulation et la pollution dans les villes sont donc démontrés. Cependant, dans un rapport de mais 2008, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) regrette que les opportunités de télétravail ne soient pas totalement exploitées et que son développement soit trop long.

Dans le deuxième volume de son Livre Vert "Le télétravail au service du développement durable", publié en janvier 2010, Syntec informatique considère que l’informatique « verte » s’inscrit dans une logique de développement durable pour l’environnement, l’entreprise et le salarié. Une généralisation du télétravail peut apporter des réponses concrètes à de grands enjeux sociétaux, et ses bénéfices humains comme économiques sont mesurables. Syntec informatique fait le point sur les enjeux, les défis et les moyens de réussir le développement du télétravail en entreprise.

Ces bénéfices sont cependant mis en doute par plusieurs études. C’est le cas d’un rapport réalisé en septembre 2010 par des chercheurs du groupe Intelligent Transport Systems de l’université de Newcastle, sur les enjeux de la politique des transports et des technologies et leurs conséquences inattendues. Se basant sur un modèle mathématique baptisé Telework, mis au point en 2003 par l’université de Berkeley, les chercheurs ont montré que le fait de travailler à domicile pouvait augmenter jusqu’à 30% la consommation énergétique liée initialement à l’activité professionnelle. Ceci en raison de :
- l’équipement supplémentaire des bureaux personnels (pollution engendrée par le processus de fabrication des appareils électroniques)
- la consommation accrue de l’électricité, de la climatisation et du chauffage
- la multiplication des déplacements en voiture (privés de contacts sociaux les télétravailleurs prennent plus souvent leur voiture). (Rue89 8/10/2010)

Des économies à tous les niveaux

De manière plus globale, on considère que le télétravail permet une baisse des sommes consacrées à la construction et à la maintenance des infrastructures routières et de transport en général. Il permet en outre de répondre à la saturation des transports publics et à la congestion des routes. Tel est le constat de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (OCRHA) qui montre qu 46% des entreprises montréalaises affirment perdre des candidats potentiels en raison de la congestion routière, certains travailleurs préférant ne plus avoir à traverser de ponts. Les retards importants au travail et le taux d’absentéisme plus élevé contribuent également à la perte de productivité pour l’entreprise (Ugoburo 01/09/2011).

On assiste également à la réduction du montant des repas pris à l’extérieur et de l’achat des vêtements. L’aménagement plus souple des horaires permet aussi de réduire les frais de garde des enfants et de consacrer plus de temps aux grands-parents.

Selon l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail), grâce au télétravail, les entreprises peuvent faire aussi une économie de surface des bureaux.

On notera par ailleurs que la dématérialisation des documents propres à l’entreprise est davantage utilisée dans la cadre d’activité professionnelle en télétravail, ce qui entraîne une plus grande économie de papier.

Le développement du numérique et des télécommunications accompagne et accélère celui de la mobilité des personnes et des marchandises, ainsi que la dispersion géographique des chaînes de production. Il raccourcit les cycles d’innovation, et donc d’obsolescence des produits. Le télétravail a surtout contribué à l’étalement péri-urbain qui engendre des déplacements plus longs et presque tous automobiles. L’électronique produit de nouveaux types de déchets parfois toxiques, souvent difficiles à recycler. Internet Actu (mars 2007)

Le déséquilibre démographique entre ville et campagne diminue grâce au retour des « cols blancs » dans les campagnes. Souvent sensibilisée à la protection de l’environnement, la population des télétravailleurs devient ainsi un débouché économique intéressant pour leurs voisins agriculteurs qui, de fil en aiguille, sont incités à développer l’agriculture biologique.

En France, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) participe au groupement TIC21. Ce dernier est convaincu que les TIC et le télétravail ouvrent de nouvelles perspectives en matière de lutte contre le changement climatique, d’efficacité énergétique, de démocratie participative, de gestion des territoires. TIC21 souligne que la vidéoconférence et le télétravail peuvent diminuer les impacts environnementaux des activités humaines. La vidéoconférence permet en effet d’économiser 10 fois plus d’énergie qu’elle en consomme.
Les actes du 3ème Forum international TIC 21 (octobre 2007).

L’activité professionnelle à domicile engendre cependant une consommation d’énergie parfois supérieure à celle du travail collectif. Ce phénomène doit être pris en compte pour une évaluation objective de la performance énergétique. La solution la plus appropriée est, dans certains cas, le regroupement des activités de télétravailleurs dans des télécentres.

Télétravail et aménagement du territoire

La voie est libre pour le développement du télétravail

Avec le déploiement des réseaux, notamment en fibre optique, l’accélération de la convergence des technologies (fixe, mobile, internet, TV, téléphonie...), l’émergence de
nouveaux services et de nouvelles pratiques numériques (web 2.0, visites virtuelles, visiotéléphonie, réseaux sociaux...), l’entrée en vigueur de la législation sur le télétravail et l’évolution des systèmes de sécurité informatique, il n’y a plus d’obstacle technologique, technique, juridique qui fassent entrave au télétravail.

La Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT), le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD du MEEDDAT) et l’Association communication et information pour le développement durable (ACIDD), ont organisé de juin à novembre 2008 une série d’auditions et de débats sur les bénéfices que pourraient apporter les services et les usages numériques en faveur du développement durable des territoires. 37 propositions d’actions formulées par les participants de ces rencontres sont regroupées dans un rapport présenté en mars 2009 "Aménagement numérique et développement durable des territoires".
L’une des trois idées phares du rapport est de mobiliser les communautés locales sur le développement du télétravail en :
- mettant en place des schémas régionaux ou interrégionaux de développement du télétravail associant
l’ensemble des acteurs
- renforçant le maillage des territoires en télécentres
- aidant les collectivités locales à se doter d’installations performantes de visioconférence et en favorisant l’e-learning.

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Runs With Scissors
Une alternative au travail à domicile : le télécentre

La DIACT a initié cette démarche en lançant en 2005 le développement des télécentres, à la fois en initiant le Réseau National des Télécentres (RNT) et en lançant un appel à projets.

Le télécentre est un lieu où des personnes ont la possibilité de venir travailler pour réduire les distances parcourues entre leur domicile et leur lieu de travail. Ce concept permet de diminuer les impacts des transports sur l’environnement.

En 2009, il existe une centaine de télécentres en France créés à l’initiative des collectivités locales, la plupart du temps en zones rurales dans le cadre de l’appel à projets de la DIACT. Ils ne sont pas toujours bien équipés mais, situés à la périphérie des grandes agglomérations ou en campagne,
ils peuvent contribuer à réguler les flux de voyageurs.

Des télécentres dans les territoires

L’aménagement du territoire consiste à mettre à la disposition des salariés des télécentres de proximité en fonction du nombre de personnes qui télétravailleraient dans leur commune d’habitation. Mais avant de les mettre en place, il faut dans un premier temps les développer en fonction de la demande et non par une pratique de l’offre.

Le développement réussi du télétravail sur un territoire implique au préalable la réalisation d’une étude analysant les infrastructures de communication et la proximité des centres urbains, l’environnement
économique (l’artisanat local, le tissu de PME-PMI, les grands groupes) l’environnement technique général avec toutes les modalités d’accès au haut débit dans la zone et l’environnement technique spécifique du télécentre.

Ainsi, ce diagnostic permet de mettre en valeur les atouts du territoire, d’analyser les points forts de son économie, de ses réseaux de communication, d’analyser les besoins locaux mais aussi extérieurs au territoire et d’instaurer une péréquation entre l’existant et les nouvelles activités à mettre en oeuvre autour des TIC.

A l’occasion d’un Colloque fin 2007, le Réseau National des Télécentres (RNT) a annoncé le démarrage de la seconde phase de sa mission intitulée « Entreprises en télécentres » concernant les régions Midi Pyrénées, Aquitaine, Normandie, Nord et Ile de France.

Des télécentres du Beaujolais, du Cantal, de Montluçon aux portes de l’Auvergne où transitent des télétravailleurs anglais et entreprises locales, à la démarche d’Ariège-expansion pour l’accompagnement de télétravailleurs dans un contexte de revitalisation d’un territoire rural en passant par l’expérience du plus " ancien " télécentre à Lans-en-Vercors, tous avouent leur enthousiasme pour cette nouvelle forme organisationnelle du travail qui fait largement ses
preuves. Par exemple, à terme, le Cantal comptera sept télécentres.

Dans l’Orne, le Conseil général a approuvé le 30 novembre 2009 le lancement d’un appel à projets pour soutenir la création de 10 télécentres dans le département.

Selon une étude de juin 2011 du cabinet Greeworking, spécialisé dans les nouvelles organisations de travail, le marché en Île de France est estimé à 75 télécentres d’une capacité de 100 places chacun à horizon 2013, un marché pouvant doubler d’ici 2015.

Dans une étude intitulée "Développer l’économie numérique dans les territoires ruraux français : une ère nouvelle pour les télécentres ?", publiée en janvier 2011, le géographe Bruno Moriset estime que le télétravail rural permettrait d’élargir la base économique des territoires ruraux très centrés sur le secteur primaire et les télécentres offriraient une qualité de service et de débit qui n’existe pas à la campagne. Cette étude s’inscrit dans un projet plus large intitulé : communication distante, organisation de la production et économie cognitive dans les territoires périphériques : État des lieux et enjeux de développement (Projet Discotec). Elle a été complétée en mars 2011 par la publication d’une note "Les télécentres dans les territoires ruraux français - Essai d’évaluation".

Mais "le déploiement du télétravail en France est trop lent, malgré l’essor accéléré des nouvelles technologies auprès des entreprises et des particuliers" observe Jean-François Poncet, Sénateur du Lot et Garonne et Conseiller régional d’Aquitaine, lors d’un colloque au Sénat le 26 mars 2008 sur le télétravail, les télécentres et le développement durable et " l’équipement technologique ne suffit pas pour convaincre et accélérer le changement. Il faut faire évoluer les mentalités des décideurs encore réticents ".

Quelques projets de télécentres

- L’Ariège télétravail accueille les Solos
Cette opération créée en 2004 par Ariège Expansion, l’agence départementale de développement économique, s’adresse aux personnes ayant une activité professionnelle se pratiquant à distance, via l’utilisation des TIC, et vise à inciter les candidats à l’installation en milieu rural.
Les communautés de communes concernées ont été des acteurs incontournables, de véritables relais pour faciliter l’accueil et l’installation des personnes. Elles en ont souvent la compétence et offrent un territoire de projet et de vie pertinent par rapport aux attentes des télétravailleurs : services à la personne (crèches, écoles, centre de loisirs …), transports, commerces …
Le Conseil général Ariège Pyrénées, le Conseil régional Midi-Pyrénées, l’Europe (Feder) et le Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (FNADT) ont soutenu financièrement ce projet. Une partie a été autofinancée par Ariège Expansion..Article de l’Apce (avril 2008).

> L’Ariège s’impose comme le premier département français à se doter d’un observatoire sur le télétravail. Mis en place par Ariège Expansion en août 2011, cet observatoire a pour vocation à servir d’exemple pour l’ensemble de la région Midi-Pyrénées et à en faire une région pilote au niveau national en matière de télétravail (Tout Emploi 5/09/011).

- Soho-Solo dans le Gers
SohoSolo est un réseau de télécentres et de services pour les nouveaux Gersois qui vivent et travaillent à la campagne.
La Chambre de commerce et d’industrie du Gers a réalisé un bilan du dispositif Soho-Solo pour la période 2008-2010. Ce dispositif vise à faire du Gers un lieu d’accueil privilégié pour les travailleurs indépendant travaillant à domicile, en leur apportant les services d’accompagnement nécessaires. Quelques chiffres : 325 candidats à l’installation dans le Gers ont été détectés en 2010. Ils étaient 177 en 2008. 92 nouveaux solos se sont installés dans le Gers entre 2008 et 2010 soit environ 350 nouveaux gersois actifs (solos et leur familles). 83 villages se sont engagés dans l’action (La Dépêche 3/02/2011). La CCI du Gers a été récompensée pour le projet Soho-Solo dans la rubrique « Télétravail » lors de la 5ème édition du forum RuraliTIC, en août 2010.

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SohoSolo CCI du Gers

- Télespace du Vercors
Depuis octobre 1996, le télespace du Vercors, télécentre créé avec les 7 communes du district (Isère), a pour objectif d’utiliser les TIC pour retenir les habitants, les jeunes en particulier, sur le plateau du Vercors et attirer une nouvelle population.
Le télécentre est un espace "intelligent" de 500 m² équipé d’infrastructures de télécommunication. Il est conçu pour accueillir des salariés d’entreprises mais aussi des consultants indépendants et des sociétés de téléservices.

- Zevillage dans l’Orne
Le projet Zevillage de télétravail en milieu rural consiste à accueillir des télétravailleurs (salariés ou indépendants) et des entreprises sur le territoire des communautés de communes du pays Mêlois et du pays d’Essay dans l’Orne, en Normandie. Le but est de regrouper des compétences complémentaires entre elles dans un même lieu pour favoriser l’entraide et ” l’effet réseau “.

- Télécentre de Saint Mamert dans le Beaujolais
Mis en place fin 2006, ce télécentre permet la formation de 300 personnes par an. Les personnes sans outil informatique et les touristes peuvent venir par ailleurs se connecter gratuitement.

- L’Alsace s’associe à Cisco pour lutter contre la fracture numérique
Le Conseil régional d´Alsace et Cisco France ont signé le 11 mars 2008 une convention de partenariat qui « définit les axes prioritaires de collaboration qui permettront de conforter l´Alsace dans son développement économique » : formation en ligne, développement du télétravail, plate-forme technologique internet et organisation de conférences. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Compétitivité Régionale 2007-2013 ». (article ITRmanager mars 2008).
Un télécentre innovant a ouvert ses portes à la mi-septembre 2011 à Reichstett, près de Strasbourg. L’équipement et le mobilier sont soignés et permettent à plus de 30 personnes de travailler à distance (Zevillage 16/09/2011)

- En Auvergne, le projet Cybercantal, cinq télécentres (sur un total de sept) sont ouverts début 2009, chacun comportant une ou plusieurs spécialités (santé, nouvelles technologies...), et pouvant accueillir une dizaine de personnes, dans les communes de Saint-Flour, Murat, Chaudes-Aigues, Montmurat et Allanche. A travers ce projet, financé par le Conseil général à hauteur de 266.000 euros, ce dernier souhaite promouvoir l’utilisation du télétravail dans l’ensemble de l’Hexagone (LMI 12/03/2009. Par ailleurs Maceo, organisme en charge "d’imaginer et expérimenter un développement économique durable à l’échelle du Massif central" a mené une enquête entre avril 2010 et août 2011 pour avoir une "Vison prospective et territorialisée du télétravail" (Maceo 30/08/2011).

- Un SI PME télétravail en Rhône-Alpes
L’Espace, Numérique Entreprises de Lyon lance en octobre 2010 un programme d’accompagnement soutenu par l’Etat et Région Rhône-Alpes pour aider les entreprises qui souhaitent développer le télétravail. Grâce à ce dispositif, baptisé Système d’information PME Télétravail, les entreprises bénéficie d’une assistance dans les 3 volets du télétravail : juridique, ressources humaines et nouvelles technologies, d’un diagnostic détaillé individuel, de l’accompagnement d’un consultant, de formations inter-entreprises

- Téléactivités dans les Hautes-Alpes
Hautes-Alpes développement propose un accompagnement personnalisé à toute personne souhaitant développer son activité en télétravail (sécurisation du projet au niveau financier, juridique, administratif... recherche d’aides au lancement, mise en relation avec un territoire d’accueil...). Ce service est mis en place avec deux territoires dans le cadre du programme européen Leader+.

- La Cantine à Paris
La Cantine, créée en plein coeur de Paris est un lieu collaboratif pour les acteurs du numérique qui propose dans un cadre très convivial des espaces de « co-working » et de réunion. Espace permanent qui tend à devenir la référence et le centre de ressource pour les initiatives collaboratives multiples dans le monde et les nouvelles technologies, la cantine favorise le travail collaboratif en réseau en échangeant avec des plates-formes innovantes et technologiques en France et à l’étranger.

Quelques initiatives au sein de collectivités

- Le télétravail testé au sein du CG63
Depuis 2008, le Conseil général du Puy-de-Dôme expérimente le télétravail. 88 agents étaient jusqu’alors concernés et, après une évaluation extrêmement positive du dispositif en 2009, ce dernier a été proposé en 2011 à 250 agents supplémentaires. 24.000 euros sont ainsi consacrés en 2011 au développement des capacités des boîtiers extranet et des postes de travail virtuels afin de permettre la connexion du nombre croissant de télétravailleurs. Le coût des frais de maintenance du serveur et des postes est quant à lui estimé à 6000 euros par an. (Secteur Public 14/02/2011)

- Poitou-Charentes : des formations sur le télétravail
Le Cipecma, centre de formation de la Rochelle, en partenariat avec le Réseau des professionnels du numérique en Poitou-Charentes, proposent des sessions d’information et de formation sur le télétravail. Les cibles sont les entreprises souhaitant développer le télétravail ou des porteurs de projets souhaitant créer leur activité grâce à l’usage d’internet. Pour les télétravailleurs indépendants, une action de formation-développement composée de sessions de formation collective en salle et d’accompagnement individuel est mise en place. En parallèle aux actions de formations, des solutions informatiques (plateforme d’échanges, web, management, dispositifs de téléprésence, etc.) sont proposées (voire expérimentées) aux entreprises et porteurs de projets. (Sud Ouest 29/06/2011)

- Au Conseil général de la Côte d’Or (2700 agents), une expérimentation de télétravail a débuté en février 2011, concernant douze agents (trois cadres A, trois cadres B et six cadres C). Le département a retenu « la formule pendulaire », qui permet d’alterner le travail au domicile et le travail dans les locaux du conseil général. Les agents peuvent opter pour le télétravail à raison d’un ou deux jours par semaine, le mardi ou le jeudi. Ils retrouvent à leur domicile un environnement informatique identique à celui qu’ils ont au bureau (UNSA CG2113/09/2011)

- Aquitaine : un réseau des territoires numériques
Le Réseau des territoires numériques aquitains, dont fait partie la Région Aquitaine et une dizaine de pays, a engagé au début de l’année 2011 une réflexion sur le thème « Télétravail et espaces de travail partagés ». Ce groupe de travail s’est réuni le 25 mai 2011 à Latresne, en Gironde, afin de réfléchir sur les perspectives de télétravail en milieu rural et périurbain.
Trois projets étaient abordés :
- un projet d’« e-airial » porté par la Communauté de communes du Pays morcenais dans les Landes. Cet « e-airial » est une zone ayant pour but de capter des activités de services ayant besoin du Très haut débit. Une enquête sur le télétravail à Morcenx (étude de création d’un espace de travail de nouvelle génération) a été ouverte jusqu’au 31 juillet afin de de mieux cerner les besoins et d’adapter ce projet d’e-airial. La Région Aquitaine accompagne l’étude de faisabilité de ce projet pilote.
- une expérience concrète menée à Pomerol, en Gironde, où l’associationArrêt Minute propose un espace de travail partagé et collaboratif destiné aux microstructures, aux auto-entrepreneurs et aux travailleurs nomades, les invitant à venir partager des outils de travail tout en leur permettant de connaître de riches échanges sociaux.
- une enquête sur le télétravail auprès des entreprises régionales, dont les résultats étaient présentés lors de cette rencontre. La Région, qui participait à cette réunion, poursuit en effet sa collaboration avec l’Université de Bordeaux 3 (Raudin) avec la prospection auprès d’une dizaine d’entreprises qui se disent favorables au télétravail, afin de bien identifier les leviers de passage à l’acte et envisager des éléments d’accompagnement par l’action publique (Aquitaine Numérique 05/2011).
Si le télétravail est encore trop peu pratiqué en Gironde, de grandes administrations comme la Sécurité sociale Aquitaine, l’Urssaf ou la Préfecture commencent tout juste à s’y mettre. La Caisse des dépôts est un peu plus avancée mais ne communique pas sur le sujet. Le pionnier et seul expérimentateur assumé, c’est le rectorat. Voilà déjà dix-huit ans que cette administration pratique le travail à distance. Selon lui, un télétravailleur revient à 57 euros par mois en comptant à la fois le matériel (PC, téléphone-fax) et l’abonnement internet (Sud Ouest 14/05/2011).

La Région Aquitaine soutient également d’autres projets de télétravail à l’instar de celui de la Communauté de communes de Saint-Savin en Gironde. Cette dernière a en effet lancé en octobre 2011 une étude sur le télétravail afin de savoir si la concrétisation d’un projet consistant à aménager des locaux destinés à des télétravailleurs est opportun sur le canton de Saint Savin. Dans ce cadre, un questionnaire en ligne est mis à disposition pour lui faire part de l’intérêt des habitants sur ce dispositif.

Ressources

Etudes de cas

- Présentation de plusieurs cas d’étude (2000)
- Présentation d’initiatives locales (2001)
- Le télétravail en question : analyse critique à partir de 10 cas d’entreprises (Anact 2002)
- Les fiches "Initiatives des territoires" de l’Oten (Observatoire des territoires numériques)

Rapports, études

- Le télétravail en France (Forum des droits sur l’internet - décembre 2004)
- Relations du travail et internet (Forum des droits sur l’internet - janvier 2006)
- Petit manuel du télétravailleur (Nicole Turbé-Suetens, Xavier de Mazenod juillet 2006)
- Le télétravail : aspects réglementaires et évolutions des conditions de travail (Yves Lasfargue - Obergo - octobre 2006)
- Du télétravail au travail mobile : un enjeu de modernisation de l’économie française (Pierre Morel A l’Huissier novembre 2006)
- Télétravail, travail nomade : le territoire et les territorialités face aux nouvelles flexibilités spatio-temporelles du travail et de la production (Cybergéo - réactualisé en juin 2007)
- Télétravail & Collectivités : un nouvel enjeu socio-économique (Ambitions Sud International mai 2008)
- 27 pistes de travail ouvertes à la concertation pour préparer le plan de développement de l’économie numérique (Eric Besson mai 2008)
- Télétravail, les clefs de la réussite (Cyril Slucki / réseau Cyberworkers, décembre 2008 )
- Rapport TIC et Développement durable réalisé par le Conseil général de l’environnement et du développement durable (décembre 2008)
- Aménagement numérique et développement durable des territoires : 37 propositions d’actions" (ACIDD mars 2009)
- Le développement du télétravail dans la société numérique de demain (Conseil d’analyse stratégique, novembre 2009)
- Livre Vert "Le télétravail au service du développement durable" (Syntec Informatique 01/2010)
- Le télétravail en France Les salariés sont prêts ! ouvrage de Pierre Morel à l’Huissier et Nicole Turbé-Suetens (juin 2010)
- Développer l’économie numérique dans les territoires ruraux français : une ère nouvelle pour les télécentres ?, une étude du géographe Bruno Moriset, janvier 2011 complétée en mars 2011 par une note de recherche : Les télécentres dans les territoires ruraux français - Essai d’évaluation
- Méthodologie d’introduction du télétravail pour les organisations publiques : ouvrage de Pascal Rassat (Editions Territorial mars 2011)
- Petit manuel du bien-être du télétravailleur : conseils ergonomiques pour le travail sur ordinateur - ouvrage de Nicole Turbé-Suetens avril 2011
- Guide du télétravail 2011 (ZeVillage 20/04/2011)
- Perspectives de développement du télétravail dans la fonction publique : rapport du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) (juillet 2011)
- Aménager votre territoire avec le télétravail et les téléactivités (Pascal Rassat - Territorial juillet 2011)
- Vison prospective et territorialisée du télétravail (Maceo 30 août 2011).

Sites, blogs

- Association française du Télétravail et des Télé-activités et http://www.capteletravail.org
- Réseau National des Télécentres
- Diact : l’aménagement numérique du territoire
- Observatoire des territoires numériques (Oten)
- Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact)
- Ergostressie
- Association nationale pour le développement du télétravail et de la téléformation (ANDT)
- Réseau Telecentre Europe
- Zevillage
- Distance-Expert
- Télétravail On Line
- Télétravail.com
- Télétravail.fr
- Jeteletravaille.fr
- Plateforme TNTIC
- Réseau Cyberworkers
- Secret’lyne
- Télétravail 2.0
- Green-IT
- Blog Actipole 21


Un groupe de travail "Télétravail et campagne" sur Facebook (Zevillage.net)


La page sur le télétravail dans Wikipédia

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Les contributions

Le 21-09-2009 par

Dossier documentaire : le télétravail

Merci de nous avoir signalé vos ressources que nous rajoutons à notre liste.

Le 20-09-2009 par Fred Bordage

Télétravail et développement durable

Bonjour,

Nous avons publié de nombreux articles sur le lien entre télétravail et développement durable ici.