Le bréviaire du THD et de son schéma régional

Comprendre rapidement ce qu’est le Trés haut débit et comment la Région entend soutenir son déploiement.

Qu’est ce que le haut débit (HD) ?

Une offre de connexion permanente dont les débits sont compris entre 512Kb/s et 25Mb/s et qui peut être fournie à différents niveaux de qualité au moyen des technologies telles que l’ADSL, le wifi, le WiMax et le satellite...

Qu’est ce que le très haut débit (THD) ?

Une offre de raccordement direct en fibre optique dont les débits ne sont limités que par des équipements d’extrémités (modems) évolutifs.

A quoi sert le très haut débit ?

Si aujourd’hui le THD permet la diffusion de la télévision haute définition, ses possibilités d’évolution sont immenses et en partie imprévisibles, comme l’ont été les évolutions des accès Internet (modem 56 kb/s, Numéris ; ADSL 512Kb/s, triple play…). Il est aujourd’hui admis que les services THD seront disponibles aux populations et entreprises situées en zone urbaines grâce aux déploiements de la fibre optique des opérateurs privés et que le réseau cuivre téléphonique vieillissant en zone rurale serait lourdement à moderniser à terme, ne serait-ce que pour maintenir le service universel.

Le satellite ne pourra-t-il pas raccorder tout le monde en très haut débit ?

Le satellite est limité techniquement par sa capacité en terme de débit (bande de fréquences limitée) et par sa distance par rapport à la terre (36 000 km) ce qui limite sa pertinence aux solutions de raccordement minimal haut débit (et non TRES haut débit) moins performantes que les solutions type WiMax, NRAZO.

Et le WiMax ?

Le WiMax est une solution hertzienne, limitée en terme de débit (offre autour de 2Mb/s et dans tous les cas inférieure à 10Mb/s) et de rayon de diffusion (environ 10 km) qui permet d’offrir une solution haut débit (et non TRES haut débit) plus performante que le satellite pour les sites situés en dehors des zones ADSL

Et les NRAZO/MED ?

NRA Zones d’Ombres et NRA Montée en Débit, solutions techniques proposées par France Télécom/Orange qui permet d’étendre la couverture ADSL de quelques kilomètres sur le territoire grâce à la mise en place de nouveaux répartiteurs (point de concentration de toutes les lignes téléphoniques d’une zone). Ces solutions restent limitées aux performances de l’ADSL.

La progression des solutions techniques hertziennes ne permettra-t-elle pas de diffuser le très haut débit sur tout le territoire ?

Les solutions hertziennes, même les plus performantes, sont davantage limitées en terme de débit (les technologies hertziennes laissent entrevoir des capacités de plusieurs centaines de Mb/s par cellule) que les solutions fibre optique car elles partagent la ressource entre les utilisateurs situés sous une même antenne ; de plus les bandes de fréquences utilisées sont une ressource rare et limitée contrairement au laser de la fibre optique. Les calculs les plus optimistes montrent que dans des conditions favorables de territoire peu densément peuplé le débit atteignable par utilisateur est de l’ordre de quelques dizaines de Mbit/s, c’est à dire l’équivalent du haut débit fixe adsl.
Cependant, les solutions hertziennes seront nécessaires pour les services de mobilité à la condition de raccorder les antennes en fibre optique afin d’offrir des débits suffisants.

Les opérateurs privés (dont France Télécom) ne vont-il pas couvrir seuls le territoire ?

Les investissements nécessaires pour remplacer toutes les lignes téléphoniques en cuivre par des lignes en fibre optique ne sont pas une opération rentable, excepté dans les quartiers les plus denses des villes. Les annonces officielles des opérateurs dans le cadre des Appels à Manifestations d’Intentions d’Investissements (AMII) du programme national THD font état d’une couverture à échéance de 2021 de moins de 5% du territoire aquitain (les principales agglomérations d’Aquitaine)et moins de 40% de la population.

Quel est la couverture en haut débit de l‘Aquitaine ?

La couverture ADSL est aujourd’hui à son niveau technique maximal grâce à l’équipement de l’ensemble des répartiteurs (point de concentration de toutes les lignes téléphoniques d’une zone) par France Télécom ou par les collectivités locales ; les zones blanches restantes seront couvertes par les réseaux de ces mêmes collectivités ou grâce à des solutions satellite.

Combien il y a t il de lignes très haut débit en France ?

Source ARCEP au premier trimestre 2011 : 520 000 abonnés
En Aquitaine : quelques milliers d’abonnés répartis sur Bordeaux (Orange + Numericâble), le BAB (Numericâble) et Pau (SFR via la Délégation de service public mise en place par l’Agglomération paloise).

La Région ne devrait-elle pas investir dans le haut débit avant d’investir dans le très haut débit ?

Le passage d’un schéma haut débit à un schéma très haut débit ne signifie pas que la Région considère qu’il n’y a plus de zones blanches haut débit mais qu’il est nécessaire aujourd’hui d’avoir une vision à long terme du territoire plutôt que de simplement pallier la carence des opérateurs privés. Financer un projet haut débit qui ne s’inscrit pas dans une perspective très haut débit reviendrait à investir à très court terme, la demande en débit étant croissante dans le temps : les utilisateurs demanderont plus que 2Mb/s dans moins de 5 ans. Seul l’investissement dans la fibre optique ou ses infrastructures d’accueil (fourreaux, chambres...) permettra de garantir un investissement public pérenne pour, au minimum, une trentaine d’années.

Que fera la Région pour accompagner des communes de moins de 1500 habitants qui solliciteraient demain un soutien pour un aménagement d’infrastructures THD ?

Le soutien à toutes les collectivités infra-régionales présentant un projet de réseaux d’initiative publique pourra être étudié sous réserve de respecter certains critères (voir la page 18 du rapport adopté le 9 juillet 2009), notamment l’intérêt que les opérateurs privés exprimeront quant à l’offre de services THD sur les infrastructures construites.
Vu ce contexte, il est difficilement envisageable qu’une petite commune puisse seule présenter un tel type de projet. Cependant, une communauté de communes, à laquelle participeraient des communes de moins de 1 500 habitants, pourrait, par effet de masse, présenter un projet de réseau respectant les critères de soutien, c’est à-dire notamment apte à mobiliser l’intérêt d’opérateurs de services

Pourquoi ce programme cadre n’est pas orienté entreprises ?

La Région a soutenu et continue de soutenir le raccordement en fibre optique des zones d’activités. Cependant cette mesure ne peut seule suffire à raccorder l’ensemble des entreprises d’Aquitaine qui, pour la majorité d’entre elles, sont localisées en dehors de ces zones. De plus, raccorder isolément des entreprises au sein de zones d’habitations sans raccorder ces habitations serait un non sens. C’est pourquoi le programme cadre adopté le 9 juillet se propose d’accompagner le raccordement de l’ « ensemble des entreprises, foyers et établissements publics d’Aquitaine ».

Photo de Stéfan Source Flickr
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